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jeudi 31 janvier 2013

[Billet] Chronique Transatlantique #13 : La France lance une consultation publique sur le marché transatlantique

La ministre du Commerce extérieure, Nicole Bricq,
a lancé une consultation publique sur l'accord
de libre-échange entre l'Union Européenne
et les USA
Depuis quelques mois, les choses commencent à bouger à nouveau sur la question du marché transatlantique au plus haut niveau. Non seulement les officiels bruxellois et américains s'impatientent, mais surtout, en France, se lançait hier une concertation publique sur le sujet (1).

Alors que le Conseil Economique Transatlantique (2) ne s'est pas réuni officiellement depuis 2010 (3), le gouvernement américain et l'Union Européenne ont tout deux lancé des phases de consultations publiques (4). Le Conseil Européen des 18 et 19 octobre a aussi été l'occasion pour les gouvernements européens de remettre sur la table l'ambition d'arriver à un accord commercial global avec les Etats-Unis au plus vite, en lançant des négociations dès 2013 (5). Le Parlement Européen, quant à lui, a voté par une très large majorité une résolution encourageant les gouvernements européens et américains à continuer dans ce sens, tout en se montrant préoccupé à propos du domaine agricole européen, dont il faudra, selon lui, protéger les intérêts (6).

lundi 24 octobre 2011

[Publication] Thèse de A.L. Hamilton sur le Dialogue Transatlantique sur l'Environnement (TAED)

Le mémoire de A.L. Hamilton est
très détaillé et permet enfin de
connaitre mieux le fameux TAED

Nous remercions donc cette étudiante pour son travail pointu sur ce sujet, seule source restante d'informations sur ce qu'était cette ce TAED, dont il ne reste rien, transformant la recherche sur ce sujet en véritable recherche archéologique !

Attention, ce mémoire est assez long, et nous vous conseillons donc de l'imprimer pour le lire.

Au sommaire de ce mémoire :
  1. Introduction
    1. La Genèse du Dialogue Transatlantique sur l'Environnement (TAED)
    2. L'intérêt en sciences politiques
    3. Méthodologie
    4. Les ONG dans le contexte du TAED
    5. Les gouvernements américains et européens dans le TAED
    6. Questions du TAED
  2. Première partie : Les ONG dans le contexte du TAED
  3. Deuxième partie : Les gouvernements américains et européens dans le TAED
  4. Troisième partie : Les questions du TAED
  5. Conclusion
  6. Bibliographie
  7. Annexes
  8. Notes
Bonne lecture à tous !

mardi 11 octobre 2011

[Vidéo] Premier grand oral au sujet du Grand Marché Transatlantique

Hourra ! Nous partageons aujourd'hui le premier exercice oral concernant le Grand Marché Transatlantique. Nous avons pu, en effet, exposer nos analyses et résumer nos chroniques transatlantiques, tant institutionnelles qu'idéologiques, lors du Journal du Libre TeamSpeak du 09/10/2011. 

Merci à ses animateurs qui, non content de nous offrir des informations rares, nous ont permis de nous exprimer sur le sujet.

Au programme de l'émission du 09/10/2011 :
  1. Revue d'actualités par Anthony
  2. Le Projet de Grand Marché Transatlantique par Lior
  3. Analyse de la pensée de Jean-Claude Michéa par Simon
  4. Zapping du libre teamspeak
  5. Conclusion
Bon visionnage :)

dimanche 18 septembre 2011

[Billet] Marché transatlantique, Synthèse d'une lectrice (Magali P.)

Nous partageons ici la synthèse écrite d'une lectrice du blog. Cette synthèse s'appui sur le contenu des Chroniques Transatlantiques et raconte le projet de Grand Marché Transatlantique tel que décrypté ici.

En vous souhaitant bonne lecture, nous remercions Magali P. de son travail et du temps passé à lire nos billets.


Wikileaks, petite bombe lâchée dans l'univers politique, a inondé le monde de quelques 250000 câbles diplomatiques américains.

L'un deux est sans doute passé inaperçu aux yeux des lecteurs, même attentifs, tant le sujet est mal connu.
Dans un document confidentiel en date du 29 septembre 2008 provenant de l'ambassade américaine à Berlin, on apprend qu'Angela Merkel « a une haute idée du Conseil Économique Transatlantique (CET) entre UE et USA – une pièce centrale de sa présidence de l'Union Européenne en 2007 – dont le but est de réduire les barrières réglementaires au commerce et à l'investissement transatlantique [...] ».

Voilà donc qui éveille la curiosité... Que peut donc être ce CET ?

Mis en œuvre au début des années 1990, le marché transatlantique est une construction récente. Elle relève cependant de fondements idéologiques bien plus anciens.
S'appuyant désormais sur des organismes bien réels et influents, sa construction dans l'ombre et son fonctionnement lobbyiste en font une institution qui peut être qualifiée sans difficulté d'anti-démocratique.

mercredi 20 juillet 2011

[Blog] La trilatérale au service du Nouvel Ordre Mondial (Pierre Hillard, Mécanopolis)

hillard_pierre
Article de Pierre Hillard issu du site Mecanopolis
Désireux d’en savoir plus au sujet du dernier ouvrage de Pierre Hillard, «La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale », paru le 17 avril dernier aux Éditions François-Xavier de Guibert, nous avons pris contact avec lui. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Pierre Hillard est professeur de relations internationales à l’école supérieure de commerce extérieur de Paris. Historien de formation, diplômé de science politique et d’études stratégiques, spécialiste de l’Allemagne, des affaires européennes et de la question des minorités, il centre son étude sur le partenariat transatlantique et la gouvernance mondiale. Accédant à notre demande, il a accepté de rédiger, pour Mecanopolis, un article à propos de la Commission Trilatérale en guise de présentation de son livre qui, lui, porte sur la Fondation Bertelsmann.

samedi 9 avril 2011

[Archive] "Relique sacrée" de la recherche sur le TABD

Le TABD est le lobby industriel
le plus influent dans le domaine
de la relation transatlantique
Nous vous proposons aujourd'hui en visualisation ou en téléchargement les pages disparues du site web du TABD (1). Comme vous le savez si vous suivez un peu les chroniques transatlantique, la refonte du site web du TransAtlantic Business Dialogue a eu pour conséquence la perte des articles de l'ancien site, articles sur lesquels reposaient toute notre présentation du TABD (2).

N'hésitez donc pas à télécharger ces images pour pouvoir lire en toute quiétude l'histoire du TABD selon son ancien site web. Pardonnez google pour sa traduction hasardeuse et pardonnez moi pour les annotations :)

dimanche 30 janvier 2011

[Blog] Les institutions européennes se seraient-elles mises au service d'une prophétie autoréalisatrice d'Union transatlantique ?

Plus que jamais, les échanges entre les différents protagonistes de l'agenda transatlantique connaissent une densité, une intensité et une régularité qui appellent à nous interroger sur leur portée autant que sur leur visée !
Limité il y a peu encore aux grandes questions économiques et commerciales, cet agenda couvre désormais les questions stratégiques et de sécurité !

vendredi 28 janvier 2011

[Blog] Econospheres : Multinationales et Union Transatlantique (Bruno Poncelet)


Multinationales et Union Transatlantique

Les États-Unis et l’Union Européenne travaillent depuis des années à un rapprochement politique. Cette union transatlantique est le fruit d’un changement fondamental des rapports de force : les multinationales sont en train de prendre le pouvoir. Et, nous allons le voir, le marché qui s’installe ne se réduit pas à la seule dimension économique.
Bruno Poncelet, Ricardo Cherenti
Article mis en ligne le 25 octobre 2010










lundi 24 janvier 2011

Le but de l'Otan est l'union fédérale, selon Nelson Rockefeller (novembre 1964).


Le 20 novembre 1964, Federal Union Inc fêtait son 25e anniversaire. George V. Allen, le président du comité exécutif, avait pour l’occasion organisé un grand banquet dans la salle de bal de l'Hôtel Warwick, à Philadelphie. Nelson A. Rockefeller, madame et monsieur Benjamin Baker, madame et monsieur Roy Chiffs, et Clarence K. Streit accompagné de son épouse, Jeanne, y participèrent. Streit, le « grand Manitou » de Federal Union Inc, avait invité le gouverneur de l’État de New York, à prononcer un discours sur l’état des relations transatlantiques 25 ans après la création du mouvement [1].

En guise d’introduction, l’auteur de Union Now a tenu a rappeler que l’idée transatlantiste était partagée au sommet de l’État américain. Il s’est en effet adressé au gouverneur Rockefeller en ces termes : « vous avez des points de vues divergents avec monsieur Nixon - mais pas sur l’unification Atlantique. Vous avez des points de vues divergents avec l’ancien Président Kennedy - mais pas sur l’unification Atlantique [...]. Vous avez parfois, je pense, des points de vues divergents avec le général Eisenhower - mais pas sur l’unification atlantique [...]. Et vous avez, je l’ai compris, des opinions différentes de celles du sénateur Goldwater - mais pas sur l’unification Atlantique ». En ce qui concerne cette politique, c’est plutôt le règne du parti unique [2]...
Évoquant en outre le fait que Benjamin Franklin réussit à fédérer les treize colonies en 35 ans, Clarence Streit affirma qu’il était temps de fédérer les démocraties de l’Atlantique Nord, après vingt-cinq ans de militantisme. À la suite de ces considérations sur l’histoire américaine, il donna la parole à Nelson Rockefeller.

Le gouverneur républicain fit d’abord le constat suivant : après un demi-siècle chaotique, marqué par deux « grandes guerres civiles », l’Occident souffre encore de sa désunion, alors même que le bloc de l’est se fait de plus en plus menaçant. Pourtant, l’interdépendance toujours plus grande entre les États ne permet plus l’isolationnisme.
La situation n’est guère nouvelle. Les nations occidentales se trouvent confrontés aux mêmes problèmes que les treize colonies de jadis. Après la guerre d’indépendance contre George III, et la signature du traité de Paris en septembre 1783, les colonies étaient désormais souveraines mais divisées, en proie à des conflits multiples. Le 17 septembre 1787, malgré les troubles monétaires, les guerres tarifaires, l’hostilité militaire entre les États - bref, une situation de quasi guerre civile - la Constitution fédérale des États-Unis fut acceptée par la convention réunie à Philadelphie. Deux ans plus tard, après moult débats, l’Union américaine commençait enfin à fonctionner et à prospérer, jusqu’à devenir la première puissance mondiale au cours du XXe siècle.
Rockefeller estime que dans les années 1960, les nations du « monde libre », en particulier les membres de l’Otan, traversent les mêmes difficultés que les Américains de 1787. Alors que le fascisme et le national-socialisme ont été éradiqué au sortir de la guerre, que « la belle idée européenne » germait enfin, que l’alliance Atlantique avait été créé, les clivaqes nationaux se sont accentués. Cependant, l’accroissement de la population mondiale, les révolutions scientifiques, les bouleversements sociaux, la menace nucléaire que fait peser le monde communiste sur le « monde libre » rendent urgente la création d’une union fédérale entre les démocraties de l’Atlantique Nord. Le conférencier critique au passage la France du général de Gaulle, et affirme que l’Europe doit se rapprocher des États-Unis dans le cadre de l’alliance Atlantique.
Les nations occidentales, partageant la même vision du monde, de l’État et de la nature humaine, doivent s’engager dans l’édification d’une structure politique inédite. Ce que les pères fondateurs de l’Union américaine ont fait à l’échelle continentale, les fédéralistes du XXe siècle doivent le faire à l’échelle intercontinentale.

La fédération intercontinentale, construite à partir de l’Otan, respecterait l’identité des peuples et renforcerait le pouvoir démocratique ainsi que la dignité humaine. « Elle fournirait un cadre dans lequel l'accélération de la circulation des biens, de l'argent, et des idées réglerait les problèmes agricoles, celui de la main-d'œuvre, du chômage, et de l'égalité des chances pour les minorités ethniques ». Elle inspirerait les autres peuples, en particulier ceux du bloc de l’est, qui pourront trouver un « havre de paix à l’intérieur de l’Union ». Elle fournirait une solution aux différends portant sur les armes nucléaires. Enfin, elle formerait l’organisation politique, économique et militaire la plus puissante de la planète, et ne craindrait plus le communisme international.

Pour mettre en oeuvre ce projet-Frankenstein, notre apprenti-sorcier du mondialisme propose l’organisation d’une convention réunissant des délégués chargés de définir un calendrier pour achever l’union fédérale. Le député républicain Paul Findley s’est par ailleurs fait l’avocat du transatlantisme. Côté démocrate, J. F. Kennedy, le président Johnson, le vice-président Humphrey, l’ancien sénateur Kefauver ont défendu les principes de Union Now. Le temps de l’isolationnisme est dorénavant révolu.
Rockefeller conclut sa conférence en évoquant les moyens d'établir « l’union atlantique au sein d’une structure fédérale » : en s’appuyant sur la CEE pour l’économie, et sur l’Otan pour la défense et les affaires étrangères. Il ne s’agit là que d’une suggestion, d’autres combinaisons étant possibles. Dans tous les cas, c'est l'Amérique qui montre la voie...
Conclusion :

En 2002 aux États-Unis et en 2003 en France, David Rockefeller, le frère de Nelson, a publié ses Mémoires. Au chapitre 27, le fondateur de la commission trilatérale nous fait cet aveu spectaculaire : « depuis plus d'un siècle, les extrémistes idéologiques des deux bords politiques s'emparent des incidents dont on parle beaucoup dans les journaux, tels que ma rencontre avec Castro, pour reprocher à la famille Rockefeller, l'influence démesurée qu'ils prétendent que nous exerçons sur les institutions politiques et économiques des États-Unis. Certains croient même que nous faisons partie d'une cabale secrète agissant contre les grands intérêts des États-Unis et ils représentent ma famille et moi comme des "internationalistes" ; ils vont jusqu'à prétendre que nous conspirons avec d'autres capitalistes dans le monde pour construire une structure politique et économique mondiale plus intégrée – un seul monde si vous voulez. Si c'est ce dont on m'accuse, je plaide coupable et j'en suis fier » [3]. L’ancien banquier n’aurait pu mieux exprimer la finalité du transatlantisme promu par son frère, ainsi que le rôle de la dynastie Rockefeller dans le nouvel ordre mondial. L’union transatlantique devant aboutir en 2015, la décennie 2010 risque d’être décisive pour l’avenir du monde.

Notes :

[1] Voir notre article sur Clarence Streit (1896 - 1986), pionner du transatlantisme : http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/11/clarence-kirshmann-streit-1896-1986.html

[2] Ajoutons que :
- Harry S. Truman, président des États-Unis de 1945 à 1953, a été l’un des signataires de la Déclaration de l’Unité Atlantique dont le but était de renforcer l’Otan en vue d’esquisser l’union fédérale transatlantique in http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/12/deux-declarations-pour-lunite.html
- Lyndon B. Johnson, président des États-Unis de 1963 à 1969 a déclaré : « the United States is resolved to do everything in its power - and I emphasize the word everything - to enhance the strength and unity of the North Atlantic community » in http://streitcouncil.org/uploads/PDF/F&U-%20Rockefeller%20Proposes%20Immediate%20Convention%20to%20Declate%20NATO%20Goal%20is%20Federal%20Union.pdf
- Le 17 janvier 1986, Ronald Reagan a adressé une lettre à Clarence Streit à l’occasion de son 90e et dernier anniversaire. Le président américain a salué son oeuvre et son action in http://streitcouncil.org/uploads/PDF/Reagan_on_Streit.pdf

[3] David Rockefeller, Mémoires, Paris, Éditions de Fallois, 2006, pages 475.

Document joint :

Rockefeller Proposes Immediate Convention To
Declare NATO Goal Is Federal Union,
Freedom & Union, décembre 1964 :

vendredi 31 décembre 2010

Deux Déclarations pour l'Unité Atlantique (1954 et 1962).


Après avoir étudié la déclaration de Paris [1], sorte de proto-déclaration transatlantique, intéressons nous maintenant aux deux Déclarations de l’Unité Atlantique de 1954 et de 1962. Ces deux documents visaient à renforcer l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan) dans le contexte de la guerre froide. Si l’existence d’une opposition, en l’occurrence socialiste, étaient une aubaine pour les atlantistes, paradoxalement, c’est après la chute du bloc de l’est et la dissolution du Pacte de Varsovie que les liens euro-atlantiques se sont intensifiés. Ces textes doivent néanmoins être connus pour éclairer les relations euro-américaines de notre époque.


La Déclaration de l’Unité Atlantique de 1954.

Dans son numéro d’octobre 1954, la revue de Federal Union Inc., Freedom & Union, rapporte le contenu de la Déclaration de l’Unité Atlantique (« Declaration on Atlantic Unity ») :

« DANS LE BUT D'ALERTER leurs compatriotes et leurs gouvernements sur la nécessité de renforcer l’Otan, plus de 150 citoyens distingués, venus de huit nations du Pacte Atlantique, ont adopté une "Déclaration de l’Unité Atlantique". Rendue publique à la veille de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord de la mi-octobre, la Déclaration fait remarquer que l’Otan est encore "une simple alliance militaire" alors qu’elle devait être une alliance plus complète selon ses principes originels. La déclaration exhorte donc les leaders de l’Otan à :
1. Développer l’Otan dans l'objectif d’harmoniser les stratégies politiques, commerciales et militaires des nations membres;
2. Établir un important programme commun de placement afin de baisser les barrières tarifaires, de libérer les courants monétaires et d’éliminer les restrictions au commerce, l’objectif étant d’instituer "une base économique viable pour la Communauté Atlantique et leurs alliés";
3. Par l’intermédiaire de l’assemblée législative de chaque pays membre, mettre sur pieds un comité parlementaire de l’Otan à des fins éducatives;
4. Créer une Assemblée consultative de l’Atlantique représentée par les législateurs des nations membres. Celle-ci se réunirait régulièrement pour débattre des questions d’intérêt commun;
5. Établir un Comité Économique consultatif composé d’employeurs et d’employés pour informer les institutions de l’Otan des effets de leurs politiques sur le niveau de vie des pays de l’alliance.
La déclaration se termine par une demande aux "citoyens de faire ces recommandations à nos gouvernements respectifs pour que cette expérience positive mais des plus difficiles (l’Otan) réussissent. " ».

Freedom & Union conclu en donnant une liste partielle des signataires de la déclaration. Ces derniers sont des universitaires, des chefs d’entreprises, des hommes politiques, des diplomates, des financiers, des hommes de loi, etc. D'éminentes personnalités ont signé la Déclaration de l’Unité Atlantique, parmi lesquelles :
-Côté américain : Vannemar Bush, président de l’Institution Canergie de Washington ; William L. Clayton, ancien sous-secrétaire d’États aux affaires économiques et cofondateur de l’Atlantic Union Committee (AUC) ; le général William Donovan, ancien président de l’Office of Strategic Services (OSS), dirigeant de l’American Committee on United Europe (ACUE), le général William H. Draper Jr, ancien représentant permanant des États-Unis au Conseil de l'Atlantique Nord ; Henri Ford II, président de Ford Motor Company ; le général George Marshall, ancien secrétaire d’État ; John J. McCloy, président de la Chase National Bank ; Philip D. Reed, président de General Electric Company ; Owen J. Roberts, ancien membre de la Cour suprême des États-Unis et cofondateur de l’AUC ; Elmo Roper, cofondateur de l’AUC ; Clarence K. Streit, auteur de Union Now et cofondateur de l’AUC ; Harry S. Truman, ancien président des États-Unis.
-Côté britannique : John Bailis, président du World Council of Churches ; Franck Byers, ancien président du parti libéral ; Lionel Curtis, auteur de Commonwealth of God et « fellow » de l’All souls College de l'université d’Oxford ; Lord Malcom Douglas Hamilton, vice-président de Federal Union Ltd ; Julian S. Huxley, biologiste et écrivain, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) ; Bertrand Russell, mathématicien et philosophe.
-Côté français : Maurice Allais, professeur d’économie à l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris ; Michel Debré, sénateur ; Giscard d'Estaing, président de la section française de la chambre internationale du commerce ; Edouard Herriot, président d’honneur de l’Assemblée Nationale, ancien premier ministre ; Firmin Roz, écrivain, membre de l’Institute de France.

D’autres personnalités canadiennes, belges, norvégiennes, danoises et allemandes ont signé ce document. Beaucoup d'entre eux récidiveront six ans plus tard, avec la seconde Déclaration de l’Unité Atlantique.

La Déclaration de l’Unité Atlantique de 1962.

Paraphée par 242 leaders de l’Otan le 12 novembre 1962 à Paris, la nouvelle Déclaration de l’Unité Atlantique s’inscrit dans un contexte international plus que tendu. En effet, quelques jours auparavant, la crise des missiles de Cuba a plongé le monde dans la peur d’une troisième guerre mondiale de type nucléaire. La catastrophe a néanmoins été évité grâce à un Kennedy habile et ferme, et un Khrouchtchev conciliant et raisonnable. Cette crise a eu pour conséquence de persuader les atlantistes de renforcer l’Otan et les liens transatlantiques. Ainsi, la seconde Déclaration de l’Unité Atlantique dresse une liste de sept étapes en vue de créer une union solide à partir de l’Otan.

Les 242 signataires viennent de 14 pays de l’alliance atlantique. Parmi eux, 42 ont exercé des fonctions au sein de leurs gouvernements ; 11 sont d’anciens premiers ministres ; 84 sont membres de leur parlement national, incluant six présidents et speakers. Les autres signataires sont des éditeurs importants, des journalistes, des chefs d’entreprises, des dirigeants syndicaux, des présidents d’universités et des professeurs. Les signataires de la première Déclaration ont par ailleurs joué un rôle prégnant dans la création de la conférence parlementaire de l’Otan en 1955, de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) en 1960-61 de l’Atlantic Institute for International Affairs et de l’Atlantic Exploratory Convention en janvier 1962.

Voici le texte de la Seconde Déclaration de l'Unité Atlantique :

« NOUS, LES CITOYENS SOUSSIGNÉS de Belgique, du Canada, du Danemark, de France, d’Allemagne, de Grèce, d’Islande, d’Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Turquie, de la Grande Bretagne et des États-Unis, adressons cette APPEL À L’UNITÉ ATLANTIQUE à nos compatriotes et à nos gouvernements.

Nous croyons :
Que la souveraineté individuelle et la liberté dans le cadre de la loi sont les plus précieux legs de l’humanité.
Que le bastion de la liberté humaine est la Communauté Atlantique.
Que ce bastion est confronté à de sérieuses menaces.
Que c’est seulement par notre unité que nous pourrons préserver les libertés dont nous jouissons, et que notre exemple sera suivi par toute l’humanité. Le Communisme International croit à l’unité par la force ; son objectif est une tyrannie monolithique ; il est déterminé à nous détruire. La menace qu’il fait peser sur la liberté n’est pas seulement militaire, mais aussi politique, idéologique, et économique. Ce n’est pas un problème seulement limité à l’Europe ou à l’Occident, mais un problème mondial. Nous devons être unis pour que nos politiques soient utiles sur tous les fronts et dans tous les secteurs.

Pour ces raisons, nous nous engageons mutuellement à nous soutenir les uns les autres, tels des amis fidèles qui partagent un même héritage spirituel et culturel [...]. Nous consacrons nos efforts au développement de notre alliance au sein d’une authentique Communauté Atlantique afin d’assurer la pérennité de ces concepts. Nous appelons nos gouvernements à entreprendre sans délais la mise en oeuvre de ces mesures pour établir une authentique Communauté Atlantique, dont les cinq premières ont été unanimement recommandées par la Convention Atlantique des nations de l’Otan à Paris, en janvier 1962.
1. Établir une commission gouvernementale sur l’Unité Atlantique qui rédigera une Charte pour une Communauté Atlantique convenablement organisée en vue de faire face aux défis de notre époque.
2. Créer un Haut Conseil permanent qui devra intervenir dans les cas définis par un vote à la majorité pondérée concernant les questions d’intérêt commun.
3. Développer la conférence parlementaire de l’Otan dans le cadre d’une assemblée consultative pour qu'elle puisse réviser les travaux de toutes les institutions atlantistes, et leur faire des recommandations.
4. Instituer un partenariat commercial entre la Communauté Économique Européenne et l’Amérique du Nord, socle pour Communauté Économique Atlantique, mais ouverte à toutes les autres nations du monde libre.
5. Établir une Haute Cour de Justice de l’Atlantique pour résoudre les problèmes qui peuvent intervenir dans les traités.
6. Promouvoir des mesures pour assurer une défense plus efficace, incluant le développent d’un commandement Atlantique unifié ; une stratégie commune à l’intérieur comme à l’extérieur de la région Atlantique ; une plus grande standardisation ainsi qu’une production plus rationelle des armes et des équipements ; des contributions à la défense équitablement réparties entre nos pays respectifs.
7. Soutenir et étoffer l’Atlantic Institute pour en faire un centre intellectuel et spirituel de la Communauté Atlantique.

Ce n'est que par cet effort d’union et d’intégration que nous pouvons fournir, à l’échelle requise, une aide économique, ainsi que des marchés pour les pays en développement.

Inspiré par les réalisations que nos nations ont accompli par le passé, nous pouvons suivre un destin glorieux en joignant nos forces présentes. »

Les signataires sont nombreux. Citons tout de même les noms les plus prestigieux : les Américains William L. Clayton, William H. Draper, Henry Ford II, Henry Kissinger, Robert P.Patterson, Elmo Roper, Clarence K. Streit ; le britannique Sir Julian Huxley ; le prince Bernhard des Pays-Bas ; les Français Maurice Allais, Raymond Aron, Valéry Giscard d'Estaing, Edmond Michelet, Guy Mollet, Paul Reynaud, Jules Romain, Jacques Rueff, Maurice Schuman ; les Canadiens Lester Pearson et Paul Martin ; le belge Paul Van zeeland. (Vous trouverez tous les noms dans le second document joint).

Conclusion :

Comme nous l’avons rappelé plus haut, si la guerre froide et l’existence d’un camp socialiste ont permit aux atlantistes de créer l’Otan, et d’esquisser les premiers traits d’une union intercontinentale, c’est seulement après l’effondrement de l’empire soviétique que l’Europe et l’Amérique ont épousé pleinement les principes du fédéralisme atlantique. Les deux Déclarations que nous venons d’étudier ont en quelques sortes préparé le terrain. Aujourd’hui, face à la menace du « terrorisme international » et l'émergence de nouvelles puissances telles que la Chine, l’Inde ou la Russie, l’Occident - mené par les États-Unis - travaille à l’élaboration d’une union euro-américaine complète, sans qu'aucun citoyen n'en soit informé par les médias et la presse officiels. À l'instar de l'Accord Multilatéral sur l'investissement (AMI), il nous faut absolument adopter la « stratégie de Dracula », consistant à mettre au jour l’existence et le contenu des textes relatifs à ce projet dans la mesure où placé en pleine lumière, le vampire perd son pouvoir et meurt [2].

Notes :

[1] Voir notre article sur la Déclaration de Paris de janvier 1962 : http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/12/la-declaration-de-paris-janvier-1962-la.html

[2] DE BRIE C. (1998), Comment l’AMI fut mis en pièces, Le Monde Diplomatique, mars, p. 21.

BOUNOUA Samy.

Documents joints :

- Declaration of Atlantic Unity, Freedom & Union, Octobre 1954 :

- 242 NATO Leaders Sign Declaration of Atlantic Unity,
Freedom & Union, Janvier 1963 :

dimanche 26 décembre 2010

La déclaration de Paris (janvier 1962) : la première déclaration transatlantique.


Il y a maintenant 20 ans que le processus d'union atlantique a été officiellement lancé. Le 22 novembre 1990, avec l'adoption de la Déclaration transatlantique par le congrès des États-Unis et le parlement européen, l’Ancien et le Nouveau Monde se sont engagés dans l’édification d'une union politique, économique et militaire. Quelques mois après la disparition du Pacte de Varsovie, le Secrétaire d'État du président George H. Bush, James Baker, avait déclaré : « Notre objectif est une communauté transatlantique allant de Vancouver à Vladivostok » (juin 1991, Berlin) [1].
En janvier 1962, quelques mois avant la « déclaration d’interdépendance » entre l’Europe et l’Amérique du président Kennedy (4 juillet 1962, Philadelphie) [2], un document avait précédé la déclaration transatlantique : la déclaration de Paris, premier pas en vue d’établir une fédération transatlantique entre démocraties, et in fine une fédération mondiale.


Cette déclaration est le fruit de la convention atlantique des nations de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan). Les 90 citoyens délégués réunis à Paris entre le 8 et le 20 janvier 1962 avaient fixé l’objectif suivant : ériger une véritable Communauté Atlantique ( « a true Atlantic Communauty ») en une décennie, seule façon de garantir la survie et le progrès des hommes libres.
Préambule.

Le préambule de la Déclaration rappelle que le monde occidentale partage un héritage collectif : celui d’une « grande civilisation » dont les origines remontent aux « premières réalisations du Proche-Orient, à la beauté de la Grèce classique, à la sage juridiction romaine, à la force spirituelle de nos religions traditionnelles et à l’humanisme de la Renaissance. » L’Occident est par ailleurs un monde progressiste, qui s’appuie sur la science moderne et la maîtrise de la nature. Son histoire fut certes marquée par des guerres et des conflits de toutes sortes, des principes communs transcendent néanmoins sa division perpétuelle : la primauté du droit ; le respect des droits individuels ; la justice sociale ; le devoir de générosité. Les nations occidentales constituent ainsi, selon les mots de la Déclaration, « une solide communauté morale et culturelle ».

Recommandations.

La Communauté Atlantique doit s’unir face à la menace communiste au nom de la liberté et de la démocratie. Cette union doit se faire dans les domaines politique, militaire, économique, morale et culturelle. Pour mener à bien cet ambitieux projet, la Convention Atlantique énonce toute une série de recommandations :

« Définir les principes sur lesquelles la civilisation occidentale repose, et en assurer le respect.

Créer un Haut Conseil permanent au plus haut niveau politique, chose indispensable à la Communauté Atlantique, afin de prendre des décisions concertées pour toute la Communauté [...].

Développer la conférence parlementaire de l’Otan dans le cadre d’une assemblée consultative pour qu'elle puisse réviser les travaux de toutes les institutions atlantistes, et leur faire des recommandations.

Instituer une Haute Cour de Justice de l’Atlantique pour résoudre les problèmes qui peuvent intervenir dans les traités.

Harmoniser les stratégies politiques, militaires et économiques liées aux questions s’appliquant à l’ensemble de la Communauté.

Le Conseil de l'Atlantique Nord doit contribuer au développement d'une politique concertée de l'Otan, en respectant la condition d’extrême urgence en ce qui concerne l’utilisation de l’arme nucléaire.

Le Conseil de l’Atlantique Nord fait bon accueil au développement, au progrès, et à l’expansion éventuelle de la Communauté Économique Européenne (CEE) ainsi qu’aux déclarations du président Kennedy. Ce dernier prône en effet l'établissement d’un partenariat commercial entre la CEE et les États-Unis, prélude à la constitution d’une Communauté Économique Atlantique ouverte à toutes les nations du monde libre.

Les nations occidentales, reconnaissant le droit de tous les individus à la liberté, à l’indépendance et à la recherche du bonheur, doivent coopérer plus largement avec les pays en développement dans leurs programmes économiques. Cette coopération s’exprimerait par des programmes économiques multilatéraux, une accélération des investissements, et des mesures visant à doubler le volume et la valeur de leurs exportations, ce qui impliquent des réductions tarifaires spéciales pour leur exportations.

La Communauté Atlantique doit prendre des mesures afin d’aider à l’amélioration de leurs économies et de rééquilibrer le potentiel économique de chacun.

Les nations occidentales, témoin de la disparition de l’indépendance nationale et des droits de l’homme en Europe centrale et Orientale, réaffirme leur conviction selon laquelle le problème de ces nations sous tutelle devra être résolu en accord avec les principes de liberté individuelle et d’auto-détermination nationale.

Créer un Conseil de l’Atlantique pour les jeunes, l’éducation et la culture dans le but de mettre sur pieds des projets d’échange de jeunes gens, d’étudiants ou d’enseignants - et ainsi promouvoir une collaboration culturelle et scientifique de part et d’autre de l’Atlantique [3].

Les membres de l’Otan s’engage à instaurer rapidement une Commission Spéciale Gouvernementale dans l'intention de créer d'ici deux ans une véritable Communauté Atlantique pour faire face aux défis politique, militaire et économique du temps. »

Les questions d’ordre moral et culturel.

La convention atlantique des nations de l’Otan définit ensuite les principes moraux et spirituels de la Communauté Atlantique :

« Les buts des institutions politiques et économiques sont la protection et la promotion des droits, des libertés et des devoirs, qui permettent à chaque être humain de remplir sa vocation spirituelle.

La liberté est inséparable de la responsabilité, ce qui implique une reconnaissance de la loi morale à laquelle les hommes, en tant qu’individus ou en tant que collectivité, doivent se conformer.

La liberté est inséparable des devoirs de chacun vis-à-vis de son prochain, ce qui implique l’obligation d’assurer à tous les hommes, peu à peu, le bien-être physique et morale.

La liberté est inséparable de la tolérance, c’est-à-dire le droit de discuter librement de tous les sujets, tant que les principes de la civilisation ne sont pas outrepassés.

Il ne peut y avoir de liberté sans diversité, résultante naturelle des différences entre les peuples dans tous les domaines. Mais cette diversité ne doit pas entraîner la désunion. À l’inverse, conservant leurs caractéristiques communes, elle deviendrait une force conduisant les peuples de la civilisation Occidentale à l’union.

La liberté est inséparable de la vérité objective. Il faut donc redonner aux mots le sens exact qu’ils ont dans le Monde Libre.

Les pays membres sont invités à :

Défendre et promouvoir les valeurs et les principes civilisationnels en utilisant l’éducation, les publications diverses, l’enseignement, la radio, le cinéma et la télévision.

Respecter dans leur conduite à l’égard des autres nations l’éthique et les valeurs de la civilisation Occidentale et ainsi servir d'exemple, la discorde et la désunion intervenant lorsqu’elles sont bafouées.

Défendre ces valeurs et ces principes contre la subversion intellectuelle et morale à l’intérieur de la Communauté.

Essayer de créer une atmosphère propice à la compréhension mutuelle entre les Membres de la Communauté Atlantique, favorisant au maximum la richesse émanant de leur diversité;

Démontrer aux autres peuples que le seul respect de ces valeurs et de ces principes peut engendrer une civilisation technique dans le but d’améliorer le bien-être physique et moral de l’humanité.

Reconstruction de l’Acropole : décider que l’Acropole deviendra le symbole de notre culture et l’autel de notre Alliance, et appeler les gouvernements à réfléchir à la mise en oeuvre d'une telle mesure. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le « monde libre » n’a rien à envier au monde socialiste en terme d’idéologie. Il est a noté, par ailleurs, que cette déclaration a été faite à l’initiative de Federal Union Inc et de l’Atlantic Union Committee, organisations atlanto-mondialistes menées par Clarence Streit, l’auteur de Union Now [4].
Si la Communauté Atlantique n’a pas été mise en place dans le délai prévu, force est de constater qu’à la veille de 2011, les transatlantistes sont sur le point de gagner la partie. Avec la création d’institutions comme le Conseil Économique Trantatlantique, le Conseil Politique Transatlantique ou encore l’assemblée transatlantique [5], la très avant-gardiste déclaration de Paris est en passe de se concrétiser. Seulement, la Némésis finit toujours par punir l'Hybris.


Notes :

[1] DE BRESSON H. (1991). « Monsieur James Baker prône la création d’une communauté euro-atlantique "de Vancouver à Vladivostock" », Le Monde, 20 juin, p. 8.

[2] Discours prononcé par le président Kennedy à l’Independance Hall à Philadelphie, in Union de l’Europe occidentale, Assemblée-Commission des Affaires générales : l’année politique en Europe, rétrospective 1962, mars 1963, pages 52 et 53.

[3] Cette recommandation rappelle le projet ATLANTIS, programme européen lancé en 1995 qui permet d’aller étudier aux Etats-Unis, en bénéficiant d’une bourse. Voir :
- Le site du Département de l'Éducation des États-Unis :
- Le site de l'agence exécutive "Éducation, audiovisuel et culture" :
- Le site de la commission européenne :

[4] « A daring try was made in 1962 when, on the initiative of the leaders of the Atlantic Union Committee and Federal Union, ninety leading citizens of NATO nations met in Paris in the Atlantic Convention. The outcome of the convention was the Declaration of Paris. They made recommendations including greater integration of NATO defense forces, establishment of an Atlantic High Court of Justice, further development of the Atlantic Assembly, and establishment of a governmental commission to draw up a charter for a true Atlantic Community. Several of the less daring recommendations were implemented but action toward federation did not develop » in http://streitcouncil.org/index.php?page=federal-union-inc

[5] Nous détaillons cela dans le volet institutionnel de nos chroniques transatlantiques : http://theorie-du-tout.blogspot.com/search/label/Chroniques%20Transatlantiques%20:%20Institutions

BOUNOUA Samy.

Document joint :

La déclaration de Paris (en anglais) :

lundi 20 décembre 2010

[Blog] Les USA et l'UE vont travailler à des réglementations communes (AFP)


Le CET, de Wikileaks, à l'AFP
Comment créer un lien entre les notes de Wikileaks, et l'actualité dans le monde ?

Il y a une semaine seulement, je m'élevais contre les "anti-Wikileaks" en expliquant que si les médias dominants avaient fait leurs choix quant aux contenus qu'ils allaient servir au bon peuple, on pouvait néanmoins chercher d'autres thèmes, comme par exemple, le Marché Transatlantique. Je relatais donc dans ce billet (1) l'entretien entre le député américain Froman et les dignitaires Européens, dont M. De Gücht, commissaire au commerce, voici ce qu'il se disait en somme :

jeudi 16 décembre 2010

[Billet] Vu sur Wikileaks ...


La dernière salve de Wikileaks projette
sur nos écrans plus de 250 000 notes
diplomatiques du Département d'Etat
Américain.


Ces révélations ont déclenché un tollé
gouvernemental mondial.
C'est la mode, c'est le buzz, choisissez le mot que vous voulez, mais Wikileaks a réellement été une petite bombe lâchée (intentionnellement ?) sur l'establishment. Le monde entier se déchire pour savoir si Assange a réellement fait l'amour à une Suédoise sans préservatif.

Sur le net, Wikileaks (du moins, la deuxième salve de Wikileaks) laisse perplexe. On se pose énormément de questions quant à l'authenticité du mouvement clandestin qui vise à diffuser des archives et fichiers "secret defense". Je continue pour ma part à penser que c'est effectivement un mouvement citoyen transparent, peut-être manipulé au niveau des notes qui filtrent, mais surement pas un falsificateur qui nous enverraient de fausses notes.

Quand certains pensent que Wikileaks arrange le système et notamment l'Occident en général, je préfère penser au contraire que sur les 1 500 câbles sortis (sur 251 000 à peu près en tout, qu'on aura le plaisir de découvrir ...), les médias qui ont accès à ces notes sélectionnent.

En effet, on peut tout à fait faire dire à Wikileaks ce que l'on sait déjà quant à l'Iran et la région du golfe. Ou alors, on peut lui faire parler du marché transatlantique, et pourquoi pas des personnalités politiques Françaises.

samedi 13 novembre 2010

[Billet] Chroniques transatlantiques #11 (Résolution du 26 mars 2009)

L'aventure transatlantique continue ! Aujourd'hui, nous allons voir une des résolutions les plus récentes du Parlement Européen sur "L'état des relations transatlantiques suite aux élections aux Etats-Unis" (1). Au niveau contexte, on peut se souvenir qu'Obama vient d'être élu, dans quelques mois, le Parlement Européen sera renouvelé à l'instar de la Commission Européenne. De plus, le traité de Lisbonne entrera en vigueur en Décembre de la même année. 

La principale nouveauté de cette résolution est l'introduction de nouvelles institutions transatlantiques comme le Conseil Politique Transatlantique ...

jeudi 28 octobre 2010

[Billet] Le front de gauche patauge dans l'Atlantique ...

P. Le Hyaric,
Député Européen Île de France
pour le Front de Gauche
Et voilà, c'est une des premières chroniques qu'on appellera "d'humeur" en ce qui concerne la politique d'intégration transatlantique.
Merci à un lecteur du blog, qui m'a déjà donné des liens à visiter, de m'avoir redonner de ses nouvelles, car je suis tombé cette fois-ci sur un article que je n'avais jamais vu ... Et pourtant j'ai fouillé le web de fond en comble. C'est un article de Fluctuat.net (1) qui interroge Patrick Le Hyaric, député du Parti de Gauche au Parlement Européen (2).

Dans cet article, cette interview, P. Le Hyaric nous explique que ce petit jeu a commencé il y a bien longtemps, ce que nous savions ici grâce à nos investigations prononcées sur le sujet. Il explique aussi (et il a l'air étonné) que la grande majorité des députés européens est tout à fait acquise à la cause transatlantique. Il entrevoit bien la dérive que pourrait amener ce marché commun transatlantique.
Bizarrement, il a l'air de penser que l'Union Européenne n'est pas encore américaine, et qu'elle serait menacée de le devenir si le projet devenait réalité. Ce qui est fort dommage pour un personnage de cette stature, car nul besoin du marché transatlantique pour que l'Union Européenne ne soit qu'un protectorat américain. Cela fera 20 ans dans un mois que ce rapprochement officiel a commencé. Ne parlons même pas du rapprochement officieux, en rappelant que les pères fondateurs de l'Union Européenne étaient financés et poussés par les services secrets américains, et par le département d'état. 

dimanche 17 octobre 2010

[Billet] Chroniques transatlantiques #10 (Avis du CESE du 25/03/2009)

Vous ne saviez pas quelles étaient les relations entre l'Union Européenne et les Etats-Unis, ce billet devrait vous intéresser !

Edité au Journal Officiel le 22 Septembre 2009, l'avis du Comité Economique et Social Européen que nous allons étudier aujourd'hui (1) a été voté le 25 mars 2009 par 196 voix pour, contre 7 voix contre. Il passe en revue les relations transatlantiques telles qu'elles sont à ce moment là (2 ans après la signature de l'Accord Cadre pour la promotion de l'intégration économique transatlantique (2)), et essaie de donner les objectifs à atteindre pour "améliorer la participation de la société civile". 

Il aborde en 4 grands sujets que nous allons étudier et décrire, notamment sur le Conseil Economique Transatlantique, mais aussi concernant la mondialisation et les échanges, le réchauffement global et les groupes de pression transatlantiques (dont nous avons fait une chronique dernièrement (3)).

Le Conseil Economique Transatlantique

On commence par rappeler au point 1.5 que l'objectif de l'Accord Cadre de 2007 ("parvenir à un approfondissement de l'intégration économique et de la croissance transatlantique au bénéfice de nos citoyens et de la compétitivité de nos économies") doit être réalisé sous la supervision du CET. Le coeur de cette mission, comme l'explique le point 1.6 est "l'idée de coopération réglementaire". Malgré cela, "l'UE, dans ses relations transatlantiques maintiendra le défense de son modèle social". 
Au point 1.7, on rappelle que "le protectionnisme a aggravé la Grande Dépression des années 1930" et que "Le CET devra jouer un rôle de contrôle des tendances protectionnistes en Europe, aux Etats-Unis et dans le monde". Il dispose d'un vaste programme pour ses "initiatives de coopération réglementaire". On veut lisser les différences "importantes et inutiles [qui] subsistent". 
Le CET devrait notamment veiller à faire avancer le combat pour le droit de propriété intellectuelle et "intensifier les efforts conjoints en ce qui concerne le contrôle de l'application des droits dans les zones problématiques majeures telles que la Chine".  Enfin, "il y a lieu de conférer aux législateurs européens et américains un rôle renforcé dans ce processus" : Une petite caresse démocratique ne ferait en effet pas grand mal à ce processus.

Au point 4.1.2, le CESE explique que le CET devient de plus en plus important "car en vue d'une relance [...] le développement d'une nouvelle approche commune visant à garantir une réglementation effective et efficace du système financier mondial est nécessaire". Il y a donc une volonté globale de régulation des marchés.

Lorsqu'il fut créé en 2007, le CET a été mandaté d'une "autorité considérable pour faire progresser l'intégration économique transatlantique, en particulier en temps de crise". Il a donc carte blanche pour donner ses objectifs et ses deadlines (point 4.2.1).
Au point 4.2.4, on trouve un petit historique du CET. On y met l'accent sur les réussites de celui-ci, concernant les rapprochements de vision sur la sécurité, les normes d'informations financières, sur la question des fonds souverains et pour la coopération réglementaire.

Au point 4.2.5, on rappelle aussi que "des différences importantes et inutiles subsistent dans les méthodes employées [...] pour élaborer de nouvelles réglementations [...] Si nous voulons vraiment encouragé l'intégration économique, il y a lieu de faire avancer ces dossiers", autrement dit, de lisser les différences de fonctionnement entre nos deux systèmes. Le CESE espère aussi pouvoir "renforcer la consultation des acteurs concernés" et donc remettre au centre du processus les dialogues transatlantiques, pourquoi pas celui de l'Environnement ou du Travail par exemple ?

Les échanges commerciaux : Condamnation du protectionnisme
 
Au point 1.9, posant comme un fait que "Tout retour au protectionnisme dans le monde serait source d'un net aggravement des défis économiques actuels, à l'image de ce qui s'est passé dans les années 1930" (Maurice Allais étant mort dernièrement, il serait intéressant de voir ce que le seul Nobel Français d'économie en aurait pensé), le CESE encourage les deux acteurs à se serrer les coudes et à coopérer étroitement afin de "tenir les engagements pris  [...] au sommet du G20 le 15 novembre 2008". Ils devront en plus hâter la fin du cycle de Doha : "conclure précocement et avec succès le cycle de Doha et ainsi empêcher la création de nouvelles entraves au commerce et à l'investissement".


On comprend que le CESE n'est pas dupe des protections que mettent en place régulièrement les américains pour protéger leurs entreprises, et explique que "le point de vue de la nouvelle administration [du président OBAMA] gagnera à être clarifiée plus avant auprès de ses partenaires commerciaux".


Changement climatique global

Le CESE est très ambitieux en matière de lutte contre le Changement climatique, et explique au point 5.1 que "les mesures visant à relancer la croissance doivent, à l'échelle mondiale, être l'occasion de créer des emplois verts et de réorienter les investissements et l'innovation dans cette direction".

Pour ceux que la conférence de Copenhague a pu les intéresser, le CESE prépare au sein de cet avis cette conférence (point 5.3).

Implication des groupes de pressions (Dialogues Transatlantiques)

Concernant le changement climatique, on apprend au point 5.5 que le CESE encourage la Commission Européenne et la nouvelle administration américaine à "réactiver le Dialogue Transatlantique sur l'Environnement (TAED), qui pourrait faire fonction d'organe de coordination pour les partis prenantes en matière d'environnement et de partenaire de ces préparations".

De plus, "Les dialogues transatlantiques instaurés au cours de la deuxième moitié des années 1990 n'ont pas tous été aussi ctifs les uns que les autres", note le CESE, avant d'expliquer qu'ils "ont été intégrés de manière inégale dans les structures de coopération UE-Etats-Unis, en particulier dans les sommets UE-USA, qui ont été axés exclusivement sur le dialogue commercial transatlantique (TABD)". Si vous avez lu les précédentes chroniques et que vous vous êtes un peu intéressé au dialogue transatlantique, vous saviez déjà ce que vient d'expliquer le  CESE au sein de cet avis. Aussi, "le groupe des conseillers du CET n'inclut que le TABD, le TACD et le TLD" (voir chronique transatlantique #9 (3)), et le CESE de conclure : "Le dialogue transatlantique des partenaires sociaux (TALD) et le dialogue transatlantique sur l'environnement (TAED) ont été exclus sans consultation des acteurs impliqués" (point 6.1).
Au paragraphe 6.2, le CESE rappelle que le Parlement Européen, dans sa résolution du 8 mai 2008 (dont nous avons fait une description ici même (4)), "demande que les présidents du TALD et du TAED soient inclus dans le groupe des conseillers. Le CESE soutient pleinement l'appel du Parlement Européen".

On apprend au point 6.6 que le "TACD fonctionne bien et participe très activement aux préparations des sommets UE-USA ainsi qu'aux travaux du CET". Plus loin au point 6.7, le CESE explique que "Après un démarrage relativement réussi, les activités du TAED ont malheureusement été suspendues après deux ans" et encourage les acteurs à mettre en place "des mécanismes de financement suffisants pour les dialogues transatlantiques [...] et d'inclure le TALD et le TAED dans le groupe des conseillers du TEC".

Comme à son habitude le parlement, par la voix du CESE encourage les deux acteurs à "accroître le caractère accessible et ouvert du processus du dialogue transatlantique, et à étendre l'association des parties prenantes de la société civile", et ce dans le but de "conférer un soutien populaire et une légitimité démocratique à l'ensemble du processus". Une bien étrange vision de la démocratie et de la légitimité d'un processus qui se déroule depuis plus de 20 ans sans avoir jamais été débattu par personne.

Conclusion

Nous avons vu beaucoup de choses dans cet avis du CESE. Pour commencer, on donne une grande responsabilité au Conseil Economique Transatlantique dans la gestion du processus d'intégration économique. Rappelons que le CET est une organisation gouvernementale qui ne regroupe pas d'élus du peuple, mais simplement des hauts fonctionnaires nommés de part et d'autre de l'océan Atlantique. Le CESE voudrait que cette institution s'occupe aussi de l'aspect environnemental et social, en intégrant le TAED et le TALD dans ses "conseillers officiels".
Concernant le réchauffement global, on veut un rapprochement des positions euro-américaines, et l'on veut un haut niveau d'engagement pour le sommet de Copenhague, ce qui, si vous avez un peu suivi l'affaire, n'aura pas lieu.
Enfin cet avis est intéressant car il met sur la table les ambitions européennes (ou du moins, les ambitions du CESE, car ce n'est pas lui qui décide, mais la Commission et le Conseil) concernant l'implication de la société civile (gageons que la société civile n'est pas la représentation démocratique du peuple, mais un groupements de fondations et d'ONG diverses et variées). Pour le CESE, il est temps de réactiver le TAED, qui n'avait eu d'activité que pendant 2 ans (1998-2000) avant de gêner les exécutifs des deux côtés de l'Atlantique, qui ne s’embarrasseront pas pour lui retirer leur soutien. Il avoue aussi que depuis le départ, seuls deux groupes ont réellement été pris en compte dans le processus transatlantique : le TABD et le TACD, représentant respectivement les grandes multinationales et les associations de consommateurs.
Le CESE recommande au CET d'intégrer au sein de ses conseillers officiels le TALD et le TAED. En effet, pour donner un vernis un peu plus démocratique à tout cela, il faut aussi prendre en compte les ONG gouvernementales et les partenaires sociaux transatlantiques. Sachant que le TALD est une organisation qui regroupe les syndicats de travailleurs mais aussi du patronat. 

L'intégration avance, et toutes les instances européennes y auront été liées, sans, encore une fois, que ce sujet ne soit débattu et relayé au sein des différentes sociétés européennes (ou américaine), alors même que c'est un sujet majeur, que le marché commun transatlantique qui mènera une interconnexion telle de nos économies, qu'une "Commission Transatlantique" (le futur proche du CET ?) et une "Assemblée Transatlantique" (déjà appelée et réclamée par le parlement européen), et donc une effective aliénation de la souveraineté européenne.

Notes :
(1) Avis du Comité Economique et Social Européen (CESE) sur "Les relations transatlantiques: comment améliorer la participation de la société civile" (2009/C 228/05) : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2009:228:0032:0039:FR:PDF
(2) La Théorie du Tout, Chroniques Transatlantiques #8 (Partenariat Transatlantique et Accord Cadre) : http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/09/billet-chroniques-transatlantiques-8.html
(3) La Théorie du Tout, Chroniques Transatlantiques #9 (Les institutions transatlantiques) : http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/09/billet-chroniques-transatlantiques-9.html
(4) La Théorie du Tout, Chroniques Transatlantiques #4 (Résolution du 08/05/2008) : http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/08/billet-chroniques-transatlantiques-4.html

dimanche 26 septembre 2010

[Billet] Chroniques transatlantiques #9 (Les institutions transatlantiques)

Dans les précédentes chroniques, il m'arrive de citer des organes tels que le TABD, TACD et d'autres. J'explique souvent de manière assez écourtée ce que sont ces organismes, mais j'ai décidé d'y consacrer une chronique entière.

Nous allons donc voir aujourd'hui la famille institutionnelle qui compose le dialogue transatlantique et qui met en relation les individus du monde professionnel, universitaire, journalistique, législatif des deux côtés de l'Atlantique. Pour cela, nous nous appuierons sur les sites officiels de ces organes, sur ce que l'on en dit au sein des précédentes chroniques, mais aussi des articles trouvés ici ou là.